Échos
OGC Nice : Kasper Dolberg retrouve le sourire après l'annonce de son diabète
L'attaquant danois de l'OGC Nice, Kasper Dolberg, a retrouvé le chemin des filets dimanche lors de la victoire contre Rennes (2-1). Premier but depuis trois mois pour le joueur de 24 ans, quelques semaines seulement après avoir appris qu'il souffrait de diabète de type 1. Cette réalisation marque un tournant pour celui qui enchaîne les galères depuis son arrivée sur la Côte d'Azur. Désormais, Dolberg apprend à composer avec sa pathologie tout en tentant de s'imposer dans une attaque niçoise très concurrentielle.
Un but libérateur après trois mois de traversée du désert
La performance à Rennes, un tournant
Dimanche au Roazhon Park, Dolberg a débloqué son compteur sur penalty avant d'offrir une passe décisive à Youcef Atal. Une performance complète qui tranche avec ses dernières sorties. Le Danois n'avait plus marqué depuis novembre. Trois mois de disette.
Cette victoire tombe à pic pour Nice, qui restait sur deux défaites et un nul. Le retour à la réussite de Dolberg coïncide avec celui de son équipe. Pas un hasard.
Une concurrence féroce en attaque
La rotation offensive du Gym compte quatre attaquants pour deux places : Dolberg, Amine Gouiri, Andy Delort et la révélation Evann Guessand. Dimanche, la suspension de Delort et la blessure de Guessand ont ouvert une porte. Dolberg l'a franchie.
Les deux titularisations précédentes contre Paris et Strasbourg s'étaient soldées par des prestations discrètes. Cette fois, l'ancien joueur de l'Ajax a saisi sa chance. Dans ce contexte de forte concurrence, chaque opportunité compte double.
Vivre avec le diabète : le nouveau défi de Dolberg
Un diagnostic qui explique les difficultés physiques
En novembre, Dolberg apprend qu'il souffre de diabète de type 1. Une révélation qui éclaire ses difficultés physiques récentes. Fatigue inhabituelle, baisse de régime, performances en dents de scie : les symptômes prenaient enfin sens.
L'annonce a marqué le joueur. Assimiler cette nouvelle réalité demande du temps. D'autant qu'elle s'ajoute à une série déjà longue de coups durs.
Un accompagnement médical sur mesure
Le staff médical niçois collabore désormais avec un spécialiste danois pour suivre Dolberg au quotidien. Contrôle strict de l'alimentation, régulation permanente de la glycémie : le protocole est précis.
Pendant l'entraînement, l'attaquant peut vérifier son taux de glycémie à tout moment. Les moyens modernes permettent un suivi en temps réel. Christophe Galtier, l'entraîneur niçois, le confirme : « C'est bien maîtrisé, on n'a pas de problème particulier. »
Aucun aménagement spécifique au programme. Dolberg participe à l'intégralité des séances et reste plus longtemps quand le travail individuel le nécessite. Durant la dernière trêve internationale, il a renoncé à rejoindre la sélection danoise pour se concentrer sur sa condition physique à Nice.
Une accumulation de coups durs depuis son arrivée
Un parcours niçois semé d'embûches
Acheté 20 millions d'euros en août 2019, Dolberg pensait débarquer dans des conditions idéales. La réalité fut tout autre.
Dès son arrivée, un coéquipier lui vole sa montre. Premier choc. Suivent un cambriolage de son domicile, deux contaminations au Covid-19, une appendicite. Et maintenant le diabète. La liste donne le vertige.
Peu de joueurs peuvent se targuer d'avoir traversé autant d'épreuves en si peu de temps. Pourtant, Dolberg tient bon.
Un joueur qui conserve sa classe malgré l'adversité
Quand sa condition le permet, le Danois produit des gestes d'une rare élégance. Son dernier but avant celui de Rennes, inscrit de la poitrine, avait été qualifié d'« exquis » par la presse locale.
Ses partenaires apprécient sa technique. À 100 % de ses capacités, Dolberg devient un joueur avec qui tout le monde aime évoluer. Reste à retrouver cette plénitude de manière durable.
L'intégration progressive dans le collectif niçois
Un tempérament discret mais une adaptation en cours
Introverti, Dolberg reste réticent à parler français. Les échanges dans le vestiaire passent principalement par l'anglais ou le néerlandais. Cette saison, l'arrivée des Néerlandais Pablo Rosario et Calvin Stengs a facilité les choses.
Le recrutement de Justin Kluivert a particulièrement plu au Danois. Ancien coéquipier à l'Ajax, Kluivert partage les mêmes références footballistiques. Sur le terrain, cette connaissance mutuelle se traduit par une lecture instantanée des déplacements. À Rennes, Kluivert lui a d'ailleurs offert une belle occasion.
Des automatismes à géométrie variable
Avec Amine Gouiri, la connexion a été immédiate la saison dernière. Même sensibilité technique, même intelligence de jeu. Les deux attaquants se cherchent naturellement.
L'entente avec Andy Delort reste moins évidente. Les profils diffèrent, les automatismes tardent à se créer. Mais quand Dolberg retrouve son meilleur niveau, ces différences s'estompent.
Les propos de Christophe Galtier sur la situation
L'entraîneur niçois a évoqué le sujet fin novembre avec lucidité : « Il faut assimiler, intégrer le fait que vous êtes diabétique, je sais que ça va prendre un certain temps. »
Galtier insiste sur les moyens de contrôle disponibles. « Il y a des moyens pour regarder à l'instant T où est-ce que vous en êtes en matière de glycémie. » La technologie offre des garanties.
Kasper a aussi besoin de découvrir ses sensations, précise le technicien. Chaque entraînement, chaque match apporte son lot d'informations. Le corps s'adapte, trouve ses nouveaux repères.
Malgré la pathologie, aucun traitement de faveur. Dolberg fait la totalité des séances, reste travailler quand nécessaire. La gestion au quotidien se passe bien. Le principal obstacle reste psychologique : accepter cette nouvelle donne et retrouver confiance.
Le but de Rennes tombe donc à point nommé. Après des mois compliqués, Dolberg peut enfin entrevoir une perspective plus sereine. Le diabète fait désormais partie de son quotidien, mais il n'empêchera pas le Danois de retrouver son meilleur niveau. La prestation de dimanche en apporte la preuve.